Les déclarations d’Eva Joly étaient choquantes et inappropriées.
Alors que notre armée souffre de la mort de plusieurs des siens en Afghanistan, il était particulièrement inconvenant d’appeler à la fin du défilé militaire du 14 juillet, unique jour au cours duquel nous rendons hommage à celles et ceux qui se battent et font jusqu’au sacrifice ultime pour nos valeurs.
Le 14 juillet n’est plus depuis longtemps une démonstration de force de notre armée, comme le soulignait justement le Premier Ministre, nulle comparaison n’est possible avec la Corée du Nord…
Dès lors en effet, la question de la connaissance de nos traditions et des valeurs qui sont les nôtres peut légitimement se poser, tant les Français sont attachés à cette tradition républicaine du 14 juillet et aux valeurs de rassemblement, de communion nationale et d’unité qui y sont attachées.
A peine cet argument avait il été évoqué que le Premier Ministre était taxé des pires qualificatifs, empêchant dès lors tout débat sur le fond. Nouveau point Godwin à l’encontre de la droite : être accusés de racisme, de xénophobie, être les suppôts non encore assumés de Marine Le Pen.
Moi-même sur Twitter, je poste en 140 caractères mon avis, certes volontairement provocateur sur le sujet : « si « ça fait 50 ans » qu’elle est en France, si elle se sent française, pourquoi @evajoly ne renonce pas à sa binationalité ? ».
S’en suivent des dizaines de réactions auxquelles je tente de répondre sur le fond : oui, il me semble qu’un candidat à la Présidence de la République française doit prouver son attachement à la France et uniquement à elle. Oui, il me semble que revêtir deux nationalités pose à l’évidence des questions diplomatiques, des potentiels risques de conflits d’intérêt… et cela me semble être du bon sens.
Ce n’est pas une remise en cause de la binationalité en général, il s’agit en l’espèce d’un cas très particulier. Je ne me suis jamais sentie proche ni des idées, et encore moins des valeurs du FN, et ai horreur que l’on m’accuse d’une « marinisation » tout en refusant de me répondre sur le fond de la question que je pose. Le point Godwin est atteint et toute tentative d’explication est alors vaine.
Dans ce foisonnement de commentaires, je laisse le mot de la fin à Philippe Bilger dont l’article est repris sur Marianne 2 et dont je partage pleinement l’avis : « Je ne veux pas vider la France de ceux qui l’aiment et la respectent. Les étrangers, de quelque nationalité qu’ils soient, nous honorent grâce à leur présence quand ils honorent la France et ses valeurs. Je me contente seulement d’aspirer à un président de la République qui serait français sans équivoque ni confusion et dont la première mesure ne serait pas de porter atteinte à une date, à un symbole, à l’histoire de notre pays. Ce serait la moindre des choses, non ? »


