Il y avait eu la présidentielle. Il y avait eu cette ferveur, cette dynamique, cette espérance, cette « foi » même qui peut souvent paraître irrationnelle – foi en un candidat, en un projet; foi en la victoire.
Il y avait eu cette défaite. Et des larmes – aussi sincères qu’elles paraissent excessives.
Il fallait repartir en campagne, tout de suite, avancer. Et c’est bien ce qui s’est finalement produit. On prédisait 80 députés UMP à l’Assemblée Nationale, on dit à deux jours du premier tour que le PS n’aurait pas de majorité absolue, que le FN ne serait pas en capacité d’imposer autant de triangulaires qu’il l’aurait espéré.
Cette campagne fut belle, car elle nous a permis à tous de nous recentrer sur l’essentiel. De prendre le temps d’écouter, d’échanger, de discuter. Des projets de territoire aussi bien que des projets nationaux. Un véritable contraste par rapport à un emballement socialiste, et souvent médiatique, pour connaître la signification de la nouvelle photo présidentielle, s’interroger sur l’avenir professionnel de la compagne du chef de l’Etat ou savoir s’il vaut mieux que le gouvernement se déplace en train, en RER ou en métro.
Alors, dimanche, malgré l’abstention, il y aura peut être – enfin – un peu de politique : se demander ce que nous voulons pour la France, qui nous souhaitons pour nous représenter, si « contre-pouvoir » a du sens, si le flou est véritablement à même de nous gouverner.

