Posts Tagged With 'sarkozy'

juillet 05, 2012

Je soutiens François Fillon à l’UMP: après la défaite, il nous faut une ligne claire

written by: auroreberge Tags: , , , 0 Comments

Tribune publiée par la rédaction du Nouvel Observateur

 

« À force de dire qu’il n’y avait rien à faire, nombre de Français ont renoncé à voter. Ce n’est pas la politique qui ne passionne plus. C’est la façon dont nous la concevons qui n’intéresse plus.«  Nicolas Sarkozy, 28 novembre 2004, discours d’investiture du président de l’UMP, Le Bourget.

Alors l’ambition fut de changer. Pas changer par amour du changement. Mais changer car cela devenait une nécessité. Au soir du 21 avril 2002, il fallait unir et réunir la droite ; ce fut la vocation de l’UMP. Deux ans après, et avec l’élection à sa tête de Nicolas Sarkozy, il fallait réagir et refonder la droite.

 

La droitisation n’est pas un tabou

 Ce que l’on appelle aujourd’hui « droitisation » était alors vécu comme de la « transgression ». Transgresser les tabous et le premier d’entre eux : assumer d’être « de droite » ; assumer de parler d’immigration, de sécurité, d’autorité, de travail ou de mérite.

Transgresser les codes, être là où on ne nous attendait pas, déstabiliser, obliger les autres partis à se positionner par rapport à nos idées et actions : réforme de la double peine, discrimination positive, Conseil français du Culte musulman et islam de France, ambition écologique, laïcité positive… Aucune thématique n’est l’apanage d’un camp, aucun sujet n’est l’otage d’une idéologie.

C’est bien le pragmatisme et cette capacité à appréhender le réel qui furent les marqueurs de la politique conduite par Nicolas Sarkozy. Cette refondation mise en œuvre à partir de 2004 est le socle de notre victoire de 2007. Elle a préparé les cinq années de réformes sur lesquelles, soit nous n’avons pas assez de recul, soit d’aucuns ne prennent pas le recul nécessaire pour en réaliser l’ampleur et probablement la pertinence. Cette refondation a pris du temps. Elle a préparé notre victoire. Si nous voulons reconquérir, nous devons être à nouveau audibles et crédibles en opérant cette nouvelle mue de la droite et du centre.

Il n’est plus acceptable de nous laisser caricaturer par une suspicion récurrente, celle d’un « rapprochement qui arrivera à terme avec le Front National ». Il n’est plus acceptable de nous laisser enfermer par une seule et même question en période électorale : « en cas de second tour PS – FN, quelle sera votre consigne de vote ? Appellerez-vous à faire barrage au Front national ? »

 

Une ligne plus claire

Nous n’avons pas à nous positionner au regard du Front national, mais nous nous devons d’adopter une ligne aussi claire que définitive à son égard. La règle du « ni-ni » établie lors des élections cantonales puis lors des élections législatives donne à voir un flou qui entretient le flot de ces questions récurrentes.

Que sont pour nous ces fondamentaux, ces valeurs et idées qui fondent notre conception de la France et de la République et nourrissent notre engagement ?

Nous croyons en l’idée de Nation, résolument moderne, mais nous croyons aussi en l’Europe. Nous pensons que parce que la société change, nous devons savoir changer avec elle, sans nous renier. Nous ne voyons pas dans l’écologie une mode ou un argument politique, mais bien une exigence et une marque de modernité.

Nous croyons à l’effort et en sa récompense. Nous croyons en la solidarité, mais refusons l’assistanat, aliénant par nature. Nous croyons en la responsabilité et la liberté autant qu’en l’égalité. Mais nous récusons l’égalitarisme, non par dogmatisme, mais parce qu’il est à la fois la cause et le symptôme d’une France qui n’a pas su assurer l’égalité réelle des possibles.

Nous pensons que tout commence par l’école, le savoir, la culture. Nous affirmons que tout se joue dans l’éducation, laquelle est assurée non par l’école qui instruit, mais par la famille qui « guide ».

Nous croyons au marché et au capitalisme, pourvu qu’ils soient régulés et mettent l’homme et le travail au cœur de la création de richesses. Nous croyons aussi en un État fort, mais qui n’a pas vocation à se mêler de tout. Nous croyons à un État et à des collectivités modernes, exemplaires, inspirant confiance et dont la gestion est maîtrisée. Nous croyons en une décentralisation responsable et moderne.

Nous pensons que la maîtrise de l’immigration est nécessaire et que l’assimilation des valeurs républicaines et le travail sont les conditions nécessaires d’une intégration réussie. Le mot sécurité n’est pas un gros mot, sous prétexte que certains l’ont décrété. Nous affirmons au contraire que le droit à la sécurité pour chacun est la première des libertés.

 

Mener une campagne interne 

Alors que s’engage le débat en vue de l’élection du prochain président de l’UMP en novembre prochain – de son vice-président et de son secrétaire général –, il serait sage de nous souvenir d’où nous venons, de considérer le chemin parcouru, et de regarder devant nous, ensemble et avec la force et le volontarisme dont nous savons être animés.

Dans cette campagne interne, nous devons être guidés par une exigence de vérité, de courage et de clarification. Ces exigences sont justement celles incarnées depuis de nombreuses années par François Fillon. Oui, « la France peut supporter la vérité » ; oui, la France et les Français sont prêts à assumer les réformes nécessaires, pourvu qu’elles soient justes et que nous fassions œuvre de pédagogie.

 

L’UMP se doit d’être ce parti moderne, dynamique, audacieux et rassembleur. L’UMP doit renouer avec cet élan qui l’animait en 2004 et a su nous mener à la victoire de 2007. Dans cette campagne interne, aux côtés de Valérie Pécresse, je m’engage résolument pour François Fillon !

 

« La France, c’est notre seconde famille. Et une famille, ça se défend« , soulignait François Fillon le 1er mai 2012 au Trocadéro. Rappelons-nous enfin de cette phrase de Nicolas Sarkozy au Bourget en 2004 : « Pour nous, la France ce n’est pas une nostalgie. Celle d’un passé que l’on vénère pour mieux oublier les déceptions d’un avenir moins glorieux. La France n’est jamais si grande que lorsqu’elle montre le chemin.« 

mai 07, 2012

Les militants ne veulent pas croire à la disparition totale de Sarkozy (Marianne 2)

written by: auroreberge Tags: , , 1 Comment

La fête n’aura pas duré bien longtemps. A la Mutualité, supporters et soutiens de Nicolas Sarkozy auront simplement attendu le discours de leur chef avant de s’éclipser, les yeux rougis, quelque peu humides. 

A l’annonce du verdict, les drapeaux bleu-blanc-rouge sont en berne. La « France forte » s’est inclinée devant le « changement » de François Hollande. Pour certains, c’est évidemment de la faute des médias. « Ils l’ont tellement sali pendant cinq ans », peste une militante. Pour d’autres, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui, selon Gilbert Pace, un élu parisien UMP, a commis « des erreurs stratégiques ». A trop parler de frontières européennes et à chasser sur les terres du Front national, le candidat-président a fait fausse route. « Il avait des personnes brillantes dans son équipe, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, François Fillon ou Bruno Le Maire. Et il a préféré s’entourer d’Henri Guaino et Patrick Buisson. Résultat, la campagne a été très mauvaise », regrette-t-il.

Reste que parmi les militants, beaucoup refusent de montrer du doigt l’un ou l’autre : « On vient de prendre un gros coup sur la tête, mais il ne faut pas se laisser désarçonner. Les législatives approchent et nous n’avons pas envie de laisser tous les pouvoirs à la gauche », explique un jeune pop. « La défaite est honorable, se rassure-t-on dans les rangs de plus en plus parsemés de la salle de la Mutualité. L’écart entre les deux candidats n’est pas très important, on s’attendait à pire… Heureusement, ça n’aura pas de conséquence sur le rôle de l’UMP sur la scène politique française. » Tous veulent croire que la non réélection de Nicolas Sarkozy n’entraînera pas une guerre fratricide au sein de leur parti. « Il faut qu’on avale la défaite et qu’on reparte de plus belle. Si l’on avait gagné, on aurait dit « c’est une victoire collective ». Donc la défaite doit être collective. Si l’on cherche des coupables ce soir, on est fichu », souligne Aurore Bergé, militante UMP à la fédération des Yvelines, pensant elle aussi à la perspective des législatives. Les coups sont uniquement réservés au candidat socialiste et désormais président de la République, François Hollande. « Perdre, c’est déjà dur. Mais perdre contre François Hollande, c’est encore pire, lance-t-elle, déçue. On perd contre quelqu’un qui n’a aucun bilan à son actif. Pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a eu le mérite d’assumer des réformes impopulaires. » 

Les supporters du président sortant déplorent que la majorité des Français se soit laissée séduire par des promesses intenables mais attrayantes. Et surtout qu’ils aient succombés au « référendum anti-Sarkozy ». D’ailleurs, quand leur champion déchu arrive sur la scène de la Mutualité, les militants l’acclament et lui crient leur amour. « Merci Sarkozy ! C’est pas fini ! », scandent-ils après avoir hué l’entourage de François Hollande à chacune de ses apparitions sur les écrans géants.

Personne ne veut croire que le sixième président de la cinquième République puisse quitter, du jour au lendemain, la vie politique. « J’ai franchement du mal à imaginer qu’il ne donnera pas son avis sur le mandat de François Hollande pendant cinq ans », note Aurore Bergé. A la tribune, Nicolas Sarkozy a pourtant annoncé qu’il s’apprêtait « à redevenir un Français parmi les Français ». Avant d’ajouter : « Une autre époque s’ouvre, dans cette nouvelle époque je resterai l’un des vôtres et vous pourrez compter sur moi pour défendre nos idées et nos convictions, mais ma place ne pourra plus jamais être la même. » Une pirouette pour laisser la porte ouverte à un avenir politique ?

Par Majorie Bouchard et Clothide Cadu pour Marianne

avril 18, 2012

Message aux indécis par Jean d’Ormesson

written by: auroreberge Tags: , 16 Comments

La victoire de François Hollande est à peu près acquise, et elle risque d’être éclatante.
Le moment est idéal pour se déclarer sarkozyste.
La question n’est pas de savoir qui l’emportera en mai 2012.
On a longtemps été convaincu dur comme fer que ce serait M. Strauss-Kahn.
On a pu croire que ce serait Mme Aubry.
On a même pu imaginer que, par un coup du sort, ce serait Mme Le Pen.
Il n’est pas tout à fait exclu que M. Bayrou, M. Mélenchon, M. Montebourg se soient monté le bourrichon jusqu’à se persuader de leur chance de l’emporter.
Tout sauf Sarkozy.
N’importe qui sauf Sarkozy.
Ce sera M. Hollande.
François Hollande est un parfait honnête homme. Il est intelligent, charmant, cultivé, et même spirituel.
Il y a chez cet homme-là un mélange de doux rêveur et de professeur Nimbus égaré dans la politique qui le rend sympathique.
Il est mondialement connu en Corrèze.
Ce n’est pas lui qui irait courir les établissements de luxe sur les Champs-Élysées, ni les suites des grands hôtels à New York ou à Lille, ni les yachts des milliardaires.
Il ferait, je le dis sans affectation et sans crainte, un excellent président de la IVe République. Ou plutôt de la IIIe.

Par temps calme et sans nuages. Il n’est jamais trop bas. Mais pas non plus trop haut.
C’est une espèce d’entre-deux: un pis-aller historique.
Ce n’est pas Mitterrand: ce serait plutôt Guy Mollet. Ce n’est pas Jaurès ni Léon Blum: c’est Albert Lebrun. Ce n’est pas Clemenceau: c’est Deschanel.
Il parle un joli français. Et sa syntaxe est impeccable. On pourrait peut-être l’élire à l’Académie française. Ce serait très bien. Mais en aucun cas à la tête de la Ve République, par gros temps et avis de tempête.

C’est vrai: Sarkozy en a trop fait. Hollande, c’est l’inverse. Car n’avoir rien fait est un immense avantage, mais il ne faut pas en abuser. Il n’est pas exclu, il est même possible ou plus que possible, que M. Hollande soit élu en mai prochain président de la République.
C’est qu’à eux deux, M. Hollande et le PS, qui sont assez loin d’être d’accord entre eux -je ne parle même pas de M. Mélenchon ni de Mme Joly dont ils ont absolument besoin pour gagner et dont les idées sont radicalement opposées à celles de M. Hollande-, ont des arguments de poids : la retraite à 60 ans (quand la durée de vie ne cesse de s’allonger), 60.000 nouveaux fonctionnaires (quand il s’agit surtout de réduire les dépenses publiques), 30% de baisse sur les traitements du président et des ministres (même M. Jean-Marie Le Pen, de glorieuse mémoire, n’a jamais osé aller aussi loin dans le populisme et la démagogie).
Avec des atouts comme ceux-là, on a de bonnes chances de gagner.

Aussi n’est-ce pas dans la perspective de l’élection de 2012 que je me situe.
C’est avec le souci du jugement de l’histoire. M. Sarkozy, autant le reconnaitre, a fait pas mal d’erreurs.
À voir comment se présente la campagne d’un Parti socialiste qui semble n’avoir pas appris grand-chose des leçons de son temps, ce sera bien pire avec lui qu’avec M. Sarkozy. Les déclarations d’intention ne valent rien.

Il faut des exemples vivants.
M. Zapatero, en Espagne, est un homme plus qu’estimable. Il est socialiste. Le chômage en Espagne est plus du double du nôtre.
M. Papandréou en Grèce est socialiste. Est-ce le sort de la Grèce que nous souhaitons pour la France?

M. Sarkozy a été plus attaqué, plus vilipendé, plus trainé dans la boue qu’aucun dirigeant depuis de longues années.
Il a pourtant maintenu le pays hors de l’eau au cours d’une des pires crises que nous ayons jamais connues.
Il n’est même pas impossible que Mme Merkel et lui aient sauvé l’Europe et l’euro.
Pour affronter le jugement de l’histoire, je choisis le camp, à peu près cohérent, Sarkozy-Fillon-Juppé contre le camp, incohérent jusqu’à l’absurde, Hollande (Hollande président ? On croit rêver, disait Fabius) -Aubry-Joly-Mélenchon.
Bonaparte Premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités.

Je suis sûr que François Hollande lui-même a des cauchemars la nuit à l’idée d’être appelé demain à diriger le pays avec le concours des amis de toutes sortes et étrangement bariolés que lui a réservés le destin.
Je veux bien croire -je n’en suis pas si sûr que pour 2012 les dés sont déjà jetés, que les handicaps du président sortant sont bien lourds pour être surmontés, que le retard est trop rude pour être rattrapé.
J’imagine très bien l’explosion d’enthousiasme sur la place de la Bastille ce soir de mai 2012 où l’élection de M. François Hollande à la magistrature suprême sera enfin annoncée.
Je me demande seulement dans quel état sera la France en 2014 ou en 2015.

Jean d’Ormesson

mars 23, 2012

François Hollande ou l’hypocrisie de la suspension de la campagne

written by: auroreberge Tags: , 0 Comments

Article publié sur Le Plus Obs

 

Comme beaucoup de Français, beaucoup de militants peut-être, j’avais soif et faim à l’idée de cette campagne. Je l’espérais et l’attendais. Enfin, nous allions être : candidat contre candidat, bilan contre bilan, projet contre projet.

 

Comme en 2007, un souffle populaire allait se lever, donner envie, régénérer la classe politique. L’abstention aux élections européennes, régionales ou cantonales serait un mauvais souvenir. Le débat allait s’élever.

 

Un débat qui ne prend pas

Nous avons entendu pendant des semaines nos dirigeants politiques être interrogés sur le « risque » que Marine Le Pen n’ait pas ses signatures, quand on ne leur demandait pas pour qui ils voteraient, si elle était au second tour.

Nous avons eu une proposition cynique d’une nouvelle tranche d’imposition à 75% pour les revenus dépassant un million d’euros ; proposition cynique car, de l’aveu même de celui qui l’a propose, elle ne rapportera pas un euro.

Nous avons eu la viande halal. Nous avons eu des sondages, sondages qui auraient du collectivement nous alarmer quand près d’un tiers des Français déclarent pouvoir s’abstenir.

 

Et puis nous avons eu Montauban, nous avons eu Toulouse. Il aura donc fallu que la barbarie aille jusqu’à cibler des militaires français puis une école juive, pour tuer des enfants juifs, pour que la République se rappelle à nous.

 

Suspendre ou maintenir sa campagne ?

Faut-il continuer les réunions publiques, les opérations militantes ou tout stopper, par respect, saisis par le choc de l’événement ?

On peut déceler chez le candidat socialiste une certaine hypocrisie qui l’amène à déclarer le premier vouloir suspendre sa campagne pour finalement se rendre à Toulouse, se rendre aux funérailles de nos soldats, maintenir ses rendez-vous médiatiques dès le lendemain sur BFM TV – RMC (quand le président de la République annule le sien sur France Info) et laisser ouvert son site internet (quand celui de la France Forte est fermé).

 

A l’hypocrisie, je préfère encore des candidats qui assument de poursuivre leur campagne, plutôt que celui qui se drape dans une fausse vertu. A l’hypocrisie, je préfère un président de la République qui rassemble, réunit immédiatement les représentants des cultes, assume son rôle et rappelle que « le terrorisme ne parviendra pas à fracturer notre communauté nationale » plutôt que celui qui le singe, maladroitement, se prenant déjà pour le président de la République…

 

mars 05, 2012

« Aurore Bergé, l’infatigable » (mon portrait par le Figaro Madame)

written by: auroreberge Tags: , , , 0 Comments
"Aurore Bergé, l'infatigable" (mon portrait par le Figaro Madame)

février 22, 2012

Interview – La Nouvelle Edition, Canal +

written by: auroreberge Tags: , , 0 Comments
Interview - La Nouvelle Edition, Canal +

 

Pour retrouver l’interview : cliquez sur le lien suivant !

La Nouvelle Edition

 

 

février 18, 2012

Interview sur Terrafemina : Présidentielle 2012 : Aurore Bergé, 24 ans, militante UMP

written by: auroreberge Tags: , , , , , 0 Comments
Interview sur Terrafemina : Présidentielle 2012 : Aurore Bergé, 24 ans, militante UMP



Aurore Bergé inaugure notre série spéciale présidentielle de portraits de jeunes engagés en politique. A 24 ans, cette responsable de la vie de la fédération UMP des Yvelines entend transmettre aux militants qu’elle forme sa pugnacité volubile. Son objectif ? Défendre becs et ongles le bilan Sarkozy, éviter la dispersion, et lancer à toute vapeur la « machine électorale » de l’UMP.

On peut être jeune, de droite et bien dans ses baskets. Cette équation, impossible pour certains, Aurore Bergé la vit sans complexes et semble en tirer un solide équilibre personnel. A 24 ans, cette jeune militante UMP peut se vanter d’un parcours éclair prestigieux, et d’un (presque) sans-faute. Diplômée de Sciences Po Paris, chef de projet dans une agence évènementielle, mariée, elle a été nommée en avril 2010 responsable de la vie de la fédération UMP des Yvelines (78) par Valérie Pécresse, la ministre du Budget. Qu’est-ce qui a pu pousser une adolescente de 16 ans à adhérer au parti de la majorité, peu après sa création en 2002 ? Comme beaucoup de jeunes de sa génération, son entrée en politique coïncide avec « le choc du 21 avril » 2002, la stupeur de voir Jean-Marie Le Pen accéder au second tour de la présidentielle. « A la base de la création de l’UMP, il y avait la peur qu’un 21 avril arrive à la droite si elle restait trop dispersée », « le parti a été conçu comme une machine électorale », explique-t-elle. Mais face à cette analyse récitée les yeux fermés, on peut se demander si ce sont de telles considérations stratégiques qui ont convaincu la jeune militante en fleur. « L’adolescence est le moment où l’on se construit une opinion, j’ai surtout forgé la mienne en réaction aux mesures très clivantes de Lionel Jospin, comme les 35 heures », rectifie-t-elle. Les 35 heures, voilà sur quoi s’est fait les dents celle qui s’est reconnue dans « les valeurs de liberté, de mérite, de travail, d’effort » défendues par l’UMP. La politique, elle l’a apprivoisée naturellement en grandissant dans une famille « cultivée et ouverte au débat », et en accompagnant ses parents, « jamais encartés », dans les bureaux de vote.

La fougue de ce baptême du feu militant, sur fond de drame républicain et de tragédie socialiste, est légèrement retombée à la sortie du lycée. L’étudiante avait rêvé d’une agora à Sciences Po Paris et constate que l’engagement politique n’y a pas nécessairement bonne presse. « Certes, les élections syndicales étudiantes mobilisaient un peu plus qu’à la fac », mais pas assez pour étancher la soif de cette affiliée de l’UNI (Union nationale inter-universitaire, syndicat étudiant de droite). En parallèle, son ascension à l’UMP n’a pas traîné. A 19 ans, elle est nommée responsable des Jeunes populaires (frange des jeunes militants UMP âgés de 16 à 30 ans) de la fédération des Yvelines. Elle est en première ligne pour diffuser la bonne parole pendant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. En avril et en mai, surtout, son agenda affiche complet : distribution de tracts, porte-à-porte pour expliquer le programme du candidat, inévitables tournées des marchés le samedi et le dimanche.  « On se levait très tôt pour parler aux gens dans les gares, entre 7h et 8h30, ou alors le soir entre 18h et 20h », se remémore-t-elle.

En dépit de sa jeunesse, Aurore Bergé affiche le pragmatisme et la détermination de ceux qui ont déjà connu des revers politiques, et la petite cuisine d’arrière-cour qui vous fait vous retrousser les manches. Candidate en août 2010 à la présidence des Jeunes Populaires, elle a vu Benjamin Lancar se faire réélire à la faveur d’une campagne désordonnée, ponctuée d’insultes par blogs anonymes interposés et de rumeurs d’irrégularités. Les ténors du parti avaient dû intervenir pour ramener leurs ouailles sur le droit chemin. La jeune femme est, depuis, passée de l’autre côté du miroir : c’est elle qui forme désormais les militants de sa fédération, tous âges confondus. Et à l’entendre, il y a de quoi faire : « Nos militants ont un côté plus folklo que ceux du PS ou du FN ! Sur Twitter, chacun réagit comme il veut », s’exclame-t-elle. D’où l’importance donnée à la pédagogie dans la formation des militants, qui apprennent à défendre devant l’opposition « l’autonomie des universités, la réforme des retraites, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite ». Les militants peuvent d’ailleurs s’abonner à des « clés d’actu » disponibles sur le site du porte-parole du gouvernement. La direction du parti se charge de leur envoyer ponctuellement des fiches sur les mesures plus techniques. Si une élection présidentielle ne se gagne pas sur le net, pas question pour autant de perdre la bataille de la communication.

Mais les vrais enjeux, c’est sur le terrain que la jeune militante s’y frotte : « Souvent, on rencontre des gens qui pensent qu’on est en lien direct avec le président de la République, et qu’on pourra lui faire passer leurs messages personnels ! ». Et s’y pique : « Et puis, il y a parfois des situations délirantes de personnes qui refusent un tract, pour ne pas se salir les mains », raconte-t-elle. Pour convaincre les citoyens de voter UMP en avril prochain, les militants n’ont d’autre choix pour l’instant que de promouvoir le bilan Sarkozy. « Mais c’est compliqué », avoue la jeune femme. Avec l’annonce tardive de la candidature du chef de l’Etat à sa succession, pas encore de vrai programme à présenter. Mais d’autres fronts mobilisent Aurore Bergé, qui a co-écrit avec Elodie Massé (PS) et Elise Vouvet (UMP) « Alter Egales », un livre d’entretien sur l’état du féminisme en France et la représentation des femmes en politique. « Optimiste pour [sa] génération qui a toujours vu des femmes en politique », elle espère que la loi de 2000 sur la parité, « intégrée par les partis politiques », ne sera que transitoire. Et propose même, audacieuse, sa suppression-test à l’occasion d’une élection locale.

 

janvier 12, 2012

Sarkozy, 5 ans après : une France abîmée ? Une France changée !

written by: auroreberge Tags: , 0 Comments

Tribune que j’ai écrite – publiée par leplusobs

 

Dans moins de quatre mois, l’élection présidentielle aura lieu. Laissera t-elle derrière elle rancoeurs ou rancunes ? Tout cela est loin d’être évident.

Assommés par des sondages hebdomadaires depuis des mois déjà, les Français sont encore 25% à ne pas savoir pour qui ils voteront au premier tour de l’élection présidentielle [1]. Voteront-ils seulement ?

Avec quatre candidats potentiellement au second tour de l’élection présidentielle, avec la multiplicité de candidatures plus ou moins farfelues (Eric Cantona étant le dernier exemple en date), avec la multiplication de polémiques qui continuent un peu plus d’éloigner les citoyens du politique ou de la politique (du « sale mec » aux  »minables »), nous prenons finalement le risque d’une abstention record et de nous faire une nouvelle fois confisquer le second tour de l’élection présidentielle avec un choix qui n’en sera pas un, si Marine Le Pen était qualifiée.

 

Moins de tolérance à l’égard des politiques

Alors, dans ce climat si incertain, on se radicalise, on devient de plus en plus intransigeant, de moins en moins tolérant et de plus en plus militant.

Ai-je perdu tout esprit critique ? Je reconnais ne plus supporter le soupçon constant qui pèse sur la droite autour d’alliances qu’elle ferait tout ou tard avec l’extrême droite. La droite a toujours préféré perdre des élections plutôt que de s’allier avec le Front National. Quant à l’éventuel départ de certains élus si nous perdions en mai (…), cela permettrait finalement probablement d’ »épurer » ceux qui sont en permanence valorisés médiatiquement pour leurs dérapages verbaux.

Ils assumeraient et partiraient. La droite se recomposerait autour de ceux qui ont toujours posé des digues imperméables entre droite républicaine et extrême droite, tradition que Nicolas Sarkozy incarne.

 

Je reconnais être sincèrement sarkozyste. Cela s’incarne pour moi par un pragmatisme, une méthode de gouvernance, le choix de l’impopularité et d’un courage politique qui visent à moderniser la France, à la changer, conformément à ce pour quoi il a été élu par une large majorité en 2007. Par ses méthodes, Nicolas Sarkozy a probablement « violé » la France en ce qu’il lui a imposé un rythme, un style qui sont très éloignés de ceux qu’elle a pu connaître. Il a cassé les codes, violemment, il a bousculé un vieux pays souvent si arc-bouté sur ses certitudes.

 

Le cliché de la militante ?

Est-ce à dire que j’apprécie chaque membre d’une majorité finalement si large ? Est-ce à dire que je soutiens chacune des mesures prises ? Certainement pas. Il y a eu des erreurs mais celles-ci ne sauraient effacer ce qui restera, quoi qu’il arrive en mai 2012. Vous dites que Nicolas Sarkozy « a abîmé la France », je crois au contraire qu’il l’a changée et de manière définitive.

Aucun président de la République ne pourra s’abstenir de réformer, aucun président de la République ne pourra plus se préserver et se protéger en utilisant son Premier ministre comme fusible (ne serait-ce d’ailleurs que parce que la Constitution a changé en ce sens).

Ma génération n’a jamais connu que les victoires présidentielles de la droite et donc que des défaites de la gauche, dont certaines d’une rare violence. Je peux comprendre l’appétence de cette génération de gauche, mais certainement pas son arrogance, sa violence et finalement souvent sa désinvolture à défendre un candidat qui renie un à un les engagements qu’il avait pris devant elle pour rester décidément le candidat du flou.

Plus que jamais nous avons besoin d’un candidat qui nous présente un chemin, une direction et l’assume, sans se référer à de quelconques « forces de l’esprit ». Si c’est cela être « le cliché de la militante », alors je fais mienne cette description.

avril 21, 2011

Ne nous laissons pas imposer un nouveau 21 avril

written by: auroreberge Tags: , , 0 Comments
Ne nous laissons pas imposer un nouveau 21 avril

[Tribune publiée ce jour sur le site www.atlantico.fr]

 

 

Je suis issue de cette génération qui a reçu ce soir d’avril un terrible électrochoc. Ce soir là, nous nous sommes éveillés ou réveillés.

Pour le meilleur, nous fûmes nombreux à faire le choix de l’engagement politique afin de ne jamais avoir à subir un nouveau 21 avril.

Entre un PS vieillissant et un FN menaçant

Pour le pire, nous vivons pourtant encore sur ces ruines : le Parti socialiste n’a su tirer aucune leçon du passé, les mêmes continuant de tout monopoliser. Au lieu de se moderniser, il s’est vidé des idées progressistes qui ont marqué son histoire, se contentant d’agiter le chiffon rouge du vote utile à l’encontre de « ses partenaires », alors qu’il avait l’opportunité historique d’incarner le changement.

De l’autre côté, le Front national agite le chiffon de la peur, comme si trois mots résumaient tous les maux de notre société : immigration, euro, mondialisation. Le Pen, père ou fille, ne savent que manier l’outrance et le changement d’image n’est pas un changement de discours.

Pour le pire, nous vivons encore avec le fantôme Le Pen. Des signes contradictoires nous sont sans cesse adressés : des sondages qui alarment l’opinion, des censures qui nous interdiraient le débat quand celui-ci ne rentre pas dans les clous d’une bienpensance qui fait le lit de l’abstention et des extrêmes.

J’ai fait le choix d’un parti libre, audacieux dans ses propositions et dans ses choix de débat. D’un parti qui ne doit pas se laisser piéger par des thématiques médiatiques, un parti qui ne doit pas suivre l’opinion mais la devancer, au risque de sombrer dans le populisme, un parti qui doit assumer avec fierté son héritage et dont les membres doivent porter haut les couleurs, quels que soient les sondages.

L’UMP ne doit pas renoncer

Je ne supporte pas qu’il doive en permanence rendre des comptes sur ses intentions supposées quand son histoire parle en sa faveur.

Nous devrions renoncer au débat sur la laïcité. Pourtant, il nous appartient d’affirmer avec vigueur quel est notre pacte républicain : la France est une terre d’assimilation et non d’intégration. La France n’a pas à abdiquer ses valeurs sous le joug des influences cultuelles qui lui seraient nouvellement imposées. Renoncer à ce débat, c’est refuser de l’affronter et l’offrir aux thèses les plus extrémistes.

Nous devrions appeler au front républicain pour l’élection présidentielle. Pourtant, il me semble qu’avant un hypothétique second tour Le Pen – Strauss-Kahn, il y a un premier tour, il y a une campagne.

Cette campagne nous appartient. Nous génération de l’engagement, nous qui avons refusé de sombrer dans le renoncement ou la fatalité. Nous qui avons fait le choix d’un engagement plus osé, plus périlleux, plus audacieux et portons haut les ambitions de la droite française.

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/ump-fn-ps-election-presidentielle-politique-2012-70921.html

mars 09, 2011

Journée Internationale des Droits de la Femme et récupération politique

written by: auroreberge Tags: 0 Comments

Une petite phrase et c’est parti pour une pétition.

Une petite phrase tronquée, sortie de son contexte afin de prouver que « décidément, Nicolas Sarkozy ne fait pas de la question des droits des femmes une priorité« . Et pour cela on peut déformer ses propos : ainsi, le Président déclare que la Journée de la Femme « n’est pas l’essentiel » [du combat pour les droits des femmes] et cela devient : la journée de la femme n’est pas « essentielle« … nuance, nuance.

On oublie dès lors que le Président et la majorité soutiennent les femmes en faisant de la garde des enfants une priorité, en établissant des quotas au sein des conseils d’administration des grandes entreprises privées,en réaffirmant le principe de laïcité, meilleur ami de la femme contre les intégrismes religieux qui aimeraient la reléguer à un rang subalterne dans l’espace public. On oublie également qu’il est le Président qui a fait confiance aux femmes en nommant au Ministère de l’Intérieur ou de l’Économie des femmes, choisies pour leurs compétences.

 

Et surtout, on évacue alors la vraie question de la place des femmes au sein de notre société en demandant à ce que cette journée soit celle des femmes et uniquement des femmes quand justement la question de leurs droits devrait aussi être traitée par des hommes.

On donne à voir un spectacle peu glorieux pour la classe politique en demandant exclusivement à des femmes de s’exprimer lors des questions d’actualité au gouvernement… On rappelle alors les chiffres peu enviables d’écarts de salaires et de temps partiel subi, de différences d’accès aux postes à responsabilité quand les femmes pourtant sont plus diplômées que les hommes ou de la faible représentativité de la classe politique française (23% seulement de candidates pour les élections cantonales des 20 et 27 mars prochains).

Oui, la question des droits de la Femme se doit d’être posée. Elle doit pouvoir se hisser au rang des priorités car elle concerne l’ensemble de la société et n’est justement pas une question de « bonnes femmes« . Cette question doit se poser et les femmes méritent mieux pour les représenter celles qui ne souhaitent qu’éveiller la polémique là où un consensus pourrait pourtant facilement s’établir.

Cette question mérite enfin mieux qu’une journée qui permet de nous donner collectivement bonne conscience et de l’évacuer les 364 autres jours de l’année…

Pages